Sexualité en EHPAD : respecter l’intimité jusqu’au bout
La question de la vie intime et affective des personnes âgées, notamment atteintes de maladies neuroévolutives comme Alzheimer, reste encore trop souvent taboue. Pourtant, comme l’ont rappelé plusieurs experts lors d’un webinaire organisé par France Alzheimer en juin dernier, ces besoins sont fondamentaux et doivent être intégrés à l’accompagnement en EHPAD.
Julie Lavigne, directrice des Jardins de Leysotte, a partagé lors de ce webinaire un exemple concret : une dame est entrée dans l’unité protégée en 2019. Son mari a aussi développé une maladie neuroévolutive et a été admis dans la même unité en 2022. Deux jours plus tard, le couple s’est reformé. Le mari a d’abord dormi dans le fauteuil de la chambre, puis ils ont été retrouvés ensemble dans le petit lit. Face à cette situation, les soignants ont sollicité l’équipe médicale, et un lit double médicalisé a été installé. Grâce à l’adaptation des conditions matérielles, le couple a pu retrouver une forme d’intimité précieuse, dans le respect de leur histoire et de leur consentement.
L’article de GerontoNews souligne aussi l’importance cruciale de la formation des professionnels, pour mieux gérer des situations complexes : comportements affectifs inhabituels, question du consentement, confessions délicates, ou encore enjeux familiaux. Il ne s’agit pas de morale, mais d’éthique, et surtout de respect.